Dans le creuset d'Esoterre, deuxième partie.


Vous le savez peut-être (je le revendique publiquement à chaque fois que j’en ai l’occasion, quitte à saouler tout le monde avec ça), je suis un immense fan de l’œuvre d’Howard Philip Lovecraft.
C'est lui, là :
(Vous pouvez lire une partie de son œuvre là, par exemple. Faites-le. Vraiment.)

J'ai découvert Lovecraft assez jeune, vers les 12 ans, à un âge où on ne devrait pas lire Lovecraft, même si l'horreur qui suinte de ses textes n'est pas de celle qu'on réprouve habituellement. Pas de violence gore, pas de trash, mais une noire poésie qui met mal à l'aise et un univers novateur, peuplé de monstres innommables, de réalités inimaginables et de fous furieux. Un peu comme le monde politique, mais en plus sympa.


Plus tard, devenu plutôt pas mauvais dans la langue de Shakespeare, j'ai redécouvert ses écrits en version originale. Aussi remarquables que soient les traductions de ses textes, leur forme originelle est inimitable. Car Lovecraft n'est pas un écrivain, mais un musicien. Enfin, c'est comme ça que je le vois. Chaque phrase est une mélodie, chaque chapitre un mouvement, chaque histoire une symphonie. Plus que quiconque, il m'a fait réaliser qu'une histoire était bien plus qu'une succession de phrases... au point où même si l'on n'entend pas les mots, leur musique suffit à poser une atmosphère. 
 

Je me suis toujours efforcé d'injecter cette musicalité dans mes textes, avec plus ou moins d'insistance - beaucoup dans En Série, moins dans la nouvelle Mon Byakhee à moi, par exemple. Certains passages d'Esoterre sont composés ainsi, aussi. Et pour cause...

Sans vouloir imiter le style d'Howie, ni m'immiscer dans son univers lovecraftien (parce que c'est comme ça qu'on l'appelle, donc autant vous dire qu'il en impose, le monsieur), ça fait longtemps que je tourne autour. J'évoquais Mon Byakhee à moi quelques lignes plus haut et les connaisseurs ont aussitôt repéré la lourde allusion. Mais cette nouvelle (disponible, soit dit en passant, dans le recueil papier et numérique Nouve11es, aux côtés d'autres petites histoires d'horreur, de SF et de trucs beuark) est plus un hommage qu'une incursion.

En fait, ça résume fort bien ma relation schizophrène avec le monde d'HPL (oui, j'ai plein de petits sobriquets sous le coude, pour lui) : vouloir y entrer pour lui rendre hommage tout en restant respectueusement à distance.


Avec Esoterre, j'entre de plain-pied dans le lovecraftien, sans y plonger le moindre orteil. En fait, me refusant à souiller son œuvre, je me suis permis de lui emprunter pas mal de petites choses et de les mélanger avec d'autres folklores, véritables ou fictifs et des personnages et évènements historiques, aussi. Bref, j'ai inventé mon petit monde parallèle à celui de Lovecrounet.

Des monstres, vous allez en croiser, dans Esoterre. La plupart (et sûrement les pires) n'ont ni tentacules, ni carapaces chitineuses suintantes d'humeurs fétides et poisseuses. Mais quelques-uns ont un petit côté... comment dire....
Voilà ! Un peu comme ça, oui... 
 









Dans le creuset d'Esoterre, première partie.



Esoterre, pour votre serviteur, c'est tout un tas de choses.
Un hommage, un fantasme de geek, un melting-pot d'idées.
Je vous raconterai une autre fois sa genèse, sous une tout autre forme, mais laissez-moi pour l'instant vous confier qu'avec mon roman Comme neige et la nouvelle Lune à vendre, c'est certainement ce qui se rapproche le plus de ce que j'aime, comme consommateur de divertissement littéraire et/ou audiovisuel. Comme lecteur et spectateur, quoi.

Si Comme Neige est pour moi un film d'horreur pop-corn et Lune à vendre un épisode "maison" de la Twilight zone, Esoterre est plus au croisement des X-Files et de ces documentaires à sensation qu'on trouve sur certaines chaînes de deuxième plan, surtout à des heures impossibles où ils profitent que les petites copines sont en pleine interruption nocturne des programmes. Vous savez, ces plaisirs coupables pleins de fantômes, d'ovnis, de témoignages saisissants, de reconstitutions tirées par les cheveux avec des musiques "tin-tin-tinnnnnn !" grandiloquentes.

Dit comme cela, bien sûr, ça ne fait pas très sérieux, mais en coulisse, ça n'est un peu plus. Esoterre, c'est un jeu pour relier maintes croyances et mythologies, de les fondre en une seule histoire. C'est bien sûr un poil ambitieux, comme idée, mais c'est là que vient justement faire contrepoids la narration si particulière de la série télévisée – et du feuilleton littéraire.

Je reprends dans Esoterre beaucoup de codes de la série, aussi bien dans la progression de la narration : coups de théâtre, évolution des personnages, découpage… je crois qu'entre deux chapitres, on entend presque le jingle pub, dans un coin de sa tête. D'une certaine façon, ça fait aussi partie de l'expérience que je veux proposer dans cette série.

La première saison, en cinq épisodes, est une porte ouverte sur bien d'autres histoires à venir. Sa narration est très "feuilletonnesque", c'est une seule aventure morcelée. Je ne dis pas qu'il en sera tout à fait de même pour la suite (OK, j'avoue, je sais que ce ne sera pas pareil, vu que la structure des prochaines saisons est déjà –presque - arrêtée).

Vous allez bien sûr trouver toutes sortes d'indices sur la suite, plus ou moins évidents, mêlés à de fausses pistes (sinon, où serait le plaisir). Mais ils n'ont pas fini d'en voir des vertes et des pas mûres, les personnages d'Esoterre.  Eux et quelques autres aussi. Mais ça aussi, on en reparlera plus tard… et là aussi, il y a des indices… Mouahahahahaha.

Inspirations

J'ai toujours aimé raconter des histoires. Ça fait très "cliché", de dire ça, pour un auteur, mais c'est pourtant vrai.

Attention, le petit Watto va sortir.
Je me souviens que gamin, je passais des heures à mettre en scène mes petites figurines Star Wars dans des tableaux figés. Je crois que ma mère s'inquiétait un peu de ne pas me voir les faire se battre comme le font la plupart des garçons, à grand renfort d'effets sonores à la bouche, de mouvements brusques et de confrontations physiques brutales entre, disons, Cispéo et Greedo. Non : j'étais calme, trop calme. Quand mes compositions me convenaient, je restais assis devant, me racontant les histoires illustrées par ces tableaux dans ma tête : dialogues, descriptions, pensées. Jusqu'à ce que l'aventure nécessite un nouveau tableau-charnière, une nouvelle image-clef. J'ai gardé cela pour l'écriture de mes romans en construisant mes histoires autour des ces "nœuds narratifs".

Greeeeeeeeeeat story, dude !
Adolescent, bien sûr, je suis passé à l'étape suivante : écrire pour de bon. De petites histoires que je n'ai, comme c'est souvent le cas, jamais terminées. Et c'est bien dommage, car elles étaient extraordinaires. Mais quand une nouvelle idée géniale vient en chasser une autre, on veut écrire tout de suite ce prodige, quitte à sacrifier ce qu'on faisait avant. Jusqu'à ce qu'une autre illumination prenne la suite.
Il y a quelques années, je suis tombé par hasard sur mes notes de l'époque. En fait, ce n'est pas un mal que je n'ai jamais rien terminé. Il y avait quelques bonnes idées - dont certaines que je vais peut-être reprendre, un jour, mais c'était quand même majoritairement pourri.

Burnout au boulot.
Puis vint la vraie vie d'adulte, dévoreuse d'imagination. Quoique je m'en suis plutôt bien sorti, devenu journaliste-testeur de jeux vidéo. Pendant des années, je me suis nourri de l'imagination des autres, extrapolant sur leurs univers pour injecter un peu de moi dans mes articles. C'est là, je crois, que ça a vraiment commencé à prendre forme. Je me suis essayé à différents styles, différentes approches narratives. Voyant mes collègues se jeter sur mes articles fraîchement sortis de l'imprimante et lisant les retours enjoués de lecteurs gamers, je me suis dit que je devrais peut-être m'y mettre pour de bon, à la fiction.

Et là, vous avez compris ?
À cette époque, j'ai croisé un auteur reconnu, un être d'une gentillesse extrême, qui a été le déclencheur. Peut-être - sûrement - m'a-t-il oublié (je ne dois pas être le seul à l'avoir gonflé avec plein de questions à la con), mais pour moi, ça a été une rencontre capitale. Et il m'a fait un cadeau incroyable : une disquette (oui, c'était les disquettes à l'époque) pleine de nouvelles inédites de sa plume.
Ça m'a terrorisé. Si je l'avais perdue, cette disquette, si quelqu'un la trouvait et exploitait ces textes signés de ce nom prestigieux, je m'en serais voulu à mort. À dire vrai, je n'ai pas osé lire le moindre fichier de ce rectangle de plastique. Parce que je ne me considérais pas digne de ce cadeau, mais aussi parce que j'étais terrorisé de faire une bêtise. Alors je l'ai démagnétisée, détruite, réduite en charpie. Ça me déchira le cœur, mais je me sentis soulagé, rassuré. Ces inédits étaient mieux protégés, ainsi.
Ces histoires, je suis certain de les avoir lues quelques années plus tard dans un recueil. Ce n'était donc que partie remise, Bernard. Merci.

Quand j'ai commencé à écrire En Série, des années plus tard, c'était sur les fondations de ce que cet écrivain m'avait raconté. Lui et quelques autres que j'avais eu l'honneur de croiser et embêter à leur tour. Raymond, notamment. Impressionnant de noblesse et de bonhomie.

Mais ce besoin de raconter mes histoires n'était pas encore mûr. Je crois que c'est justement parce que j'avais ma dose, en écrivant mes tests de jeux décalés, plus proches de la nouvelle que du compte-rendu technique. Jusqu'au jour où j'ai changé d'univers et ai dû adapter mes articles à de nouveaux supports où mon imagination n'avait plus droit de cité.
Le manque s'est fait sentir, mais il a fallu encore pas mal de temps pour que je trouve l'histoire qui, à mon sens, mériterait d'être écrite jusqu'au bout.

Le vrai visage du Sergent Garcia
Là encore, la vie a décidé pour moi. Une overdose de séries télévisées policières avec des tueurs trop romanesques, presque romantiques a fait germer l'idée d'un livre sur un tueur en série réaliste. Mes premières pistes narratives ne me convainquaient pas. 
Jusqu'à ce que je lise un thriller français, d'un excellent auteur très inspiré par l'imagerie hollywoodienne. J'ai adoré. L'histoire se déroulait du point de vue de l'enquêteur, à l'exception d'un chapitre, exprimant celui du tueur. Ça m'a fait flipper. Ça m'a donné envie d'une histoire entièrement lue par le méchant.
C'était ça que je devais faire ! Merci, Maxime.

Oui, mais non.
Alors je me suis lancé dans l'écriture de En Série – Journal d'un tueur. Qui a failli avoir un titre alambiqué – une erreur de jeunesse que commettent beaucoup d'auteurs, je crois. Ça a failli s'appeler "En souvenir des chimères". Joli, mais pas top.  Le titre final manque d'imagination, je vous l'accorde, mais au moins, il a le mérite d'être explicite. Avec ça, pas de risque de voler le lecteur sur la marchandise que je lui proposais. Aller au plus simple, c'est viser le cœur au plus près.

À propos de Lucie

La nouvelle Lucie a été écrite en avril 2013. Je me souviens parfaitement que l'idée m'est venue devant un film sans grand rapport avec l'histoire, mais je suis incapable de me rappeler lequel (si ça me revient, promis, je vous préviens). Toujours est-il que les grandes lignes se sont dessinées très vite, mais il m'a fallu du temps pour peaufiner la narration. Lucie joue plus sur l'émotion que mes autres textes. N'y attendez pas le genre d'horreurs auxquelles je vous ai habitués, mais à quelque chose d'un peu plus... disons, "doux-amer".
Pour vous pitcher sans vous spoilier, voici le point de départ de l'histoire :
Quand Lucie revient dans la maison qui l'a vue grandir, pour la première fois depuis bien longtemps, c'est pour y retrouver sa mère agonisante.
Et quand cette dernière meurt, la jeune femme va découvrir qu'un fantôme hante les lieux.


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J'ai le plaisir et l'honneur de vous annoncer le lancement officiel de Kouvertures.com, service de création de couvertures à destination de tous les auteurs.

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J'ai donc voulu mettre à profit mon expérience de directeur artistique en presse - et d'auteur comptant désormais près de 30.0000 ventes en ligne - pour aider les auteurs désireux de valoriser leurs textes avec une couverture accrocheuse.

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Légion : interview dans le quotidien Presse Océan (25 Juin 2012)

Merci à Cédric Blondeel pour la publication de son interview dans le quotidien Presse Océan du lundi 25 juin 2012 :


Télérama : Littérature et numérique : quand l'écrit invente son avenir

ENQUÊTE - Télérama n°3256 -08/06/2012

"De plus en plus d’auteurs et d’éditeurs s’adaptent à cette nouvelle technologie qui a jeté l'encre et le papier. Enquête dans les coulisses de la littérature de demain..." Lire la suite sur Télérama.fr